19 mai 2025, Addis-Abeba — Cette année, la commémoration de l’entrée en vigueur de la Charte Constitutive de l’Organisation de Coopération du Sud (OCS), le 18 mai 2021, a été marquée par deux conférences publiques organisées sur deux continents, reliant l’Amérique latine et l’Afrique dans un horizon partagé de pensée critique et d’avenir collectif.
En référence à cette célébration unique, le Secrétaire Général de l’OCS, Son Excellence Manssour Bin Mussallam, a déclaré : « La coopération Sud-Sud ne sera pas durable sans accords entre nos pays du Grand Sud, sans une véritable intégration. Nous devons établir un cadre de coopération qui permette de construire des ponts destinés à renforcer les liens entre les pays du Sud, en donnant la possibilité à nos peuples de se connaître et d’échanger leurs richesses culturelles, de relever ensemble les défis et de se projeter dans un horizon partagé ».
Sous le titre commun « Horizons du Sud : mémoires, savoirs et avenirs partagés », les conférences ont rassemblé d’éminents penseurs du Grand Sud. Prof. Aziz Salmone Fall, politologue et activiste panafricaniste, a donné une conférence à l’Université nationale d’Avellaneda (UNDAV) à Buenos Aires, intitulée « Le transnationalisme du Grand Sud comme pilier d’un monde inclusif et équilibré ». Dans son intervention, le professeur Fall a critiqué les conceptions dominantes du développement et proposé un nouveau paradigme fondé sur des épistémologies endogènes et émancipatrices.
Au cours de sa présentation, il a notamment précisé que : « Il nous appartient, en ce moment exceptionnel de l’histoire où l’impérialisme se redéploie au XXIe siècle, de contribuer à parachever les efforts de tant de personnes qui se sont battues pour nos libertés et notre développement. Je propose un trans-internationalisme qui part d’abord du Grand Sud, pour qu’une fois cristallisé, et sans sous-impérialismes, il rayonne sur les peuples du monde ».
Le professeur Ricardo Forster, philosophe argentin, est intervenu sur la scène du Ashenafi Kebede Performing Arts Center de l’université d’Addis-Abeba (AAU) pour sa conférence intitulée « Utopies et mémoires dans le Grand Sud ». Il a exploré le pouvoir de transformation des traditions utopiques, de la mémoire historique et de l’imagination politique en tant qu’outils permettant de forger des avenirs justes et collectifs du point de vue du Sud.
À Addis-Abeba, le professeur Forster a déclaré : « Avec obstination, depuis le sud du monde, le “pas encore” de l’utopie continue de persister et nous rappelle que rien de ce qui a été rêvé par les générations de nos ancêtres n’est perdu dans la roue de l’histoire tant que nous sommes capables, ici et maintenant, de maintenir le dialogue entre le passé et le présent ». Comme dans de nombreuses autres circonstances de notre longue histoire, nous allons aujourd’hui une fois de plus à l’encontre de ce qui est établi et normalisé. C’est dans ces flux désidératés que se sont forgées l’imagination artistique et la force rebelle de nos peuples ».
Ces deux événements ont été organisés par l’Organisation de Coopération du Sud (OCS) en collaboration avec l’Union des universités d’Amérique latine et des Caraïbes (UDUALC), Membre Associé de l’OCS, l’université nationale d’Avellaneda et l’université d’Addis-Abeba (AAU).
Outre la réaffirmation des principes fondateurs de l’OCS, ces rencontres ont également conforté son engagement en faveur de la pensée critique, du dialogue intercontinental et de la construction collective d’une Troisième Voie du Développement – depuis et par le Sud, pour l’Humanité.