Célébration de la deuxième édition du Festival du Grand Sud à Buenos Aires et à Addis Abeba

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Du 27 juin au 5 juillet 2025, les villes d’Addis-Abeba et de Buenos Aires ont accueilli une célébration sans précédent : la deuxième édition du Festival du Grand Sud. Le Festival organisé par l’Organisation de Coopération du Sud (OCS), a rassemblé des expressions artistiques et culturelles d’Afrique, d’Asie-Pacifique, d’Amérique latine, des Caraïbes et du Moyen-Orient autour du thème « Peuples en mouvement, cultures vivantes ».

À Addis-Abeba, le Festival s’est déroulé du 27 au 29 juin avec un programme dynamique comprenant du théâtre, de la danse et de la musique. L’emblématique Théâtre national éthiopien a accueilli deux spectacles majeurs : « Kalakuta Republik », par le Faso Dance Theatre (Burkina Faso/Mali/Belgique), une pièce inspirée par l’héritage de Fela Kuti ; et une exposition classique et contemporaine d’artistes du Ministère cambodgien de la culture et des beaux-arts pour les arts de la scène, rendant hommage au riche patrimoine de l’Asie du Sud-Est. Le 27, les discours d’ouverture ont été prononcés par le Secrétaire Général de l’OCS, Manssour Bin Mussallam, et le Ministre d’État des arts et du développement créatif, Nabiyou Nigatu, du Ministère de la culture et des sports d’Éthiopie.

Les 28 et 29 juin, les célébrations se sont poursuivies au Siège de l’OCS à Addis-Abeba, avec des concerts en direct mettant en scène des artistes renommés du Grand Sud : L’innovateur cubain Raúl Paz, la star tunisienne Asma Othmani, le groupe uruguayen SOMOS NAí, la jeune vedette éthiopienne YEMa, le groupe jamaïcain Sydney Salmon & The Imperial Majestic Band, et le chanteur camerounais Blick Bassy. Chaque représentation est devenue un acte de résistance culturelle et d’affirmation identitaire.

Après trois jours de musique, de théâtre et de danse, les artistes ayant participé au Festival se sont réunis au Siège de l’OCS pour discuter des défis auxquels est confronté le Grand Sud, et aborder les questions d’échanges culturels et de collaboration artistique afin de renforcer les liens entre les peuples du Sud.

Le Festival d’Addis-Abeba, organisé en collaboration avec le Ministère éthiopien de la culture et des sports et avec Ethiopian Airlines comme compagnie aérienne partenaire officielle, a rassemblé des artistes, des résidents, des étudiants et des membres de la communauté diplomatique dans un espace partagé de mémoire, de créativité et de vision collective.

Dans le prolongement académique du Festival, le « Colloque du Grand Sud : la culture et les arts dans un monde en transformation » a eu lieu les 4 et 5 juillet à l’Université nationale d’Avellaneda (UNDAV) à Buenos Aires. Ce Colloque, organisé par l’OCS, l’Union des universités d’Amérique latine et des Caraïbes (UDUALC) – Membre Associé de l’OCS – et l’UNDAV elle-même, a constitué un espace critique de réflexion sur les défis géopolitiques, l’intégration culturelle, le rôle de la technologie et la construction de nouveaux cadres multilatéraux du point de vue du Grand Sud.

Pendant deux jours, plus d’une douzaine d’intervenants venus d’Arabie Saoudite, d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, d’Équateur, du Pérou et du Togo ont échangé des idées, des diagnostics et des propositions transformatrices.

« L’OCS nous met au défi de construire des ponts entre nos peuples du Sud, et c’est pour cette raison que ce Colloque rassemble différents penseurs, intellectuels et acteurs sociaux du Grand Sud en vue de réfléchir à nos chemins et à nos avenirs possibles », a déclaré le Président de l’UDUALC, Eng. Jorge Calzoni, Recteur de l’UNDAV et Président (2024-2025) de la Conférence des Membres Associés de l’OCS. Il a également souligné le rôle central de la culture et de la pensée critique en tant qu’outils d’émancipation et de transformation.

Malgré le succès du Colloque, le Secrétaire Général de l’OCS, Manssour Bin Mussallam, a exprimé son profond regret face au manque de coopération des services consulaires argentins afin de faciliter la pleine participation des représentants africains et des membres du Secrétariat. En conséquence, la participation a été limitée en grande partie aux orateurs latino-américains, ce qui a réduit la portée interculturelle et académique initialement envisagée pour l’événement.

Le vendredi 4 juillet, le Colloque s’est ouvert sur un panel intitulé « Les défis géopolitiques du Grand Sud », réunissant le Secrétaire Général Manssour Bin Mussallam, l’ancien ministre argentin des Affaires étrangères Jorge Taiana, l’analyste politique brésilienne Diva Moreira et le sociologue et essayiste argentin Atilio Borón.

Plus tard dans la journée, le panel « Vers l’intégration culturelle Sud-Sud » a réuni le leader péruvien Miguel Palacín, promoteur du concept « Buen Vivir », Sandra Torlucci, Rectrice de l’Université nationale des arts, et le Dr Koulsy Lamko (Tchad), Directeur du Bureau en charge de la culture, du patrimoine et des arts de l’OCS, qui s’est joint virtuellement depuis le Siège de l’Organisation à Addis-Abeba en raison des restrictions de visa qui l’empêchaient d’y participer en présentiel.

Le samedi 5 juillet, le panel « Repenser les nouvelles technologies : comment se les approprier » a exploré la manière dont les pays du Grand Sud pourraient devenir les moteurs d’une nouvelle révolution technologique. Daniel Filmus, ancien Ministre argentin de la science et de la technologie ; René Ramírez Gallegos, ancien Ministre équatorien de l’enseignement supérieur, de la science et de la technologie ; Eduardo Castillo, éducateur et entrepreneur chilien ; et Papa Malick Gaye, Sous-Secrétaire Général à l’administration de l’OCS, qui représentait le Dr Shumete Gizaw (Éthiopie), Sous-Secrétaire Général à l’innovation technologique et à la modernisation de la numérisation (TIDE), qui n’a pas pu être présent en raison d’obstacles liés à l’obtention de son visa.

Le Colloque s’est conclu par un panel intitulé « Architectures du multilatéralisme », réunissant le philosophe argentin Ricardo Forster, le chercheur togolais Raphael Eklu-Natey, l’anthropologue bolivien Carlos Macusaya et Jean-Pierre Karegeye (Rwanda), Chef de la Section Recherche transdisciplinaire du département de la recherche, de l’évaluation et de la prospective (REEF) de l’OCS. La discussion a porté sur l’urgence de rééquilibrer les relations internationales à travers la proposition de modèles alternatifs issus du Grand Sud.

En marge du Colloque, le Secrétaire Général Manssour Bin Mussallam a accordé des entretiens à Agencia EFE, Página12, Tiempo Argentino, Crisis magazine, Radio UNDAV, Somos Radio AM 530 et Atilio Boron, entre autres médias nationaux et internationaux, avec lesquels il a discuté du Colloque et des défis auxquels sont confrontés les pays du Sud dans le nouveau scénario multilatéral et l’articulation d’une Troisième Voie de Développement depuis le Sud, pour l’Humanité.

Cette rencontre internationale a non seulement renforcé la coopération académique et culturelle entre les régions du Grand Sud, mais aussi le rôle de l’OCS en tant qu’acteur clé dans l’articulation d’une nouvelle vision multilatérale.

« Cet événement est plus qu’un simple colloque académique. Ce dont nous avons été témoins, c’est le premier pas d’un collectif, dans le sens de continuer à dialoguer, à converser, à penser et à repenser, et à renforcer cette détermination partagée que chaque panéliste a si clairement démontrée : une détermination à poursuivre l’élan, à forger le chemin en marchant, surtout en rejetant la résignation », a conclu le Secrétaire Général à la fin de l’événement à Buenos Aires.