Cette édition du programme a permis d’examiner « Creating the University of the Future », un ouvrage pionnier réalisé par Ulf-Daniel Ehlers et Laura Eigbrecht, qui évalue la nécessité vitale pour le monde universitaire d’évoluer dans un contexte mondial en perpétuelle mutation.
La Professeure Hirut Woldemariam, Sous-Secrétaire Générale à la recherche, à l’évaluation et à la prospective (REEF), a présenté l’argument central de l’ouvrage selon lequel les systèmes d’enseignement supérieur doivent faire l’objet d’une réinvention structurelle afin de développer les compétences du futur, c’est-à-dire les connaissances adaptatives essentielles pour faire face aux nouvelles réalités mondiales et les influencer. Cette transformation ne se limite pas à des ajustements progressifs, mais nécessite une réorganisation des philosophies éducatives, des écosystèmes d’apprentissage et des rôles sociétaux des universités.
Cet ouvrage est le fruit d’une collaboration internationale sans précédent, synthétisant l’expertise de plus de cinquante universitaires et praticiens répartis sur six continents, dont des personnalités de l’UNESCO, de l’OCDE et d’autres institutions de premier plan. Cette convergence de points de vue mondiaux aboutit à un consensus puissant : le cadre universitaire conventionnel, ancré dans une époque révolue, doit être fondamentalement réinventé pour donner la priorité à l’enseignement supérieur.
Dr Suchismita Pattanaik, spécialiste principale de la recherche et des politiques au département REEF, a rehaussé le discours en alignant ces concepts de transformation sur l’engagement de l’Organisation de coopération du sud en faveur d’un développement endogène. Son intervention a permis d’identifier des modèles concrets de mise en œuvre pour que les institutions du Grand Sud puissent être le fer de lance de l’innovation pédagogique tout en préservant les épistémologies enracinées dans la culture.
En définitive, le débat a présenté l’enseignement supérieur comme notre levier le plus puissant pour créer un avenir durable. En explorant des études de cas de programmes pionniers et de meilleures pratiques émergentes, les discussions ont montré comment les universités peuvent devenir :
- des incubateurs de solutions sociétales plutôt que de simples dépôts de connaissances ;
- des passerelles entre les normes mondiales et les contextes locaux ;
- des plateformes permettant de développer les compétences cognitives, émotionnelles et numériques nécessaires pour relever les défis de demain.
Des questions essentielles ont émergé des échanges : Comment redéfinir les objectifs pédagogiques dans ce paysage en pleine évolution ? Quelles conceptions institutionnelles permettront de cultiver au mieux les compétences de demain ? Et surtout, comment le Grand Sud peut-il passer de la participation au leadership dans ce scénario mondial ?