Un réseau de transformation en pleine expansion : le Programme de renforcement des capacités en éducation équilibrée et inclusive (EEI)

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Au cœur des pays du Grand Sud, un mouvement de transformation discrète mais profonde prend forme. Depuis son lancement le 29 janvier 2024, l’Institut de l’Organisation de coopération Sud (OSCI) mène la charge pour promouvoir une éducation équilibrée et inclusive (EEI) à travers un Programme de renforcement des capacités (PRC), amorçant un élan qui dépasse les modèles éducatifs traditionnels d’inspiration eurocentrique. À partir du 15 avril 2024, l’Institut de l’OCS a inauguré des sessions de PRC, visant à renforcer les capacités nationales pour un système éducatif à la fois équilibré et inclusif.

Bâti sur les quatre piliers du cadre EEI — l’intraculturalité, la dialectique, la transdisciplinarité et la contextualité —, le programme a accueilli des participants de 15 pays, membres de l’OCS ainsi que du Grand Sud, formant une cohorte d’experts engagés à devenir non seulement des ambassadeurs de la démarche EEI et de ses valeurs, mais aussi capables d’intégrer ces principes dans les systèmes éducatifs, diffusant leur savoir auprès de leurs pairs dans leurs pays respectifs.

Avec trois cohortes déjà formées, chacune ayant suivi un programme intensif de deux mois axé sur le cadre conceptuel de l’EEI, ce réseau en pleine expansion d’acteurs du secteur de l’éducation et de décideurs politiques s’étend désormais à travers les continents. Leur mission commune est sans équivoque : impulser un changement systémique dans l’éducation en phase avec le cadre conceptuel de l’EEI. Ce voyage transformateur forme des agents de changement qui sont convaincus que l’apprentissage ne se limite pas à la transmission de connaissances, mais qu’il s’agit plutôt d’un échange profondément enraciné dans les valeurs de l’EEI et dans les contextes culturels spécifiques qui influent sur chaque communauté.

Approche du formateur des formateurs : Transformation à grande échelle grâce à des acteurs du secteur de l’éducation compétents

Le programme tire sa force de sa stratégie de formation des formateurs, permettant à chaque participant de devenir un formateur compétent, capable de diffuser les connaissances en EEI dans son pays. Ainsi, il se constitue un réseau d’ambassadeurs de l’EEI répartis au sein des ministères, de la société civile et des organisations. Dans ce programme de renforcement des capacités, les formateurs suivent une méthodologie structurée en trois étapes :

  1. Renforcement des connaissances et de la compréhension
  2. Association des savoirs et des compétences
  3. Intégration des outils et approches EEI en cohérence avec les stratégies éducatives nationales

Ces étapes s’articulent de manière cohérente pour doter les participants des compétences nécessaires à la mise en œuvre de changements significatifs et transformateurs. Équipés de ces outils, ils retournent dans leurs pays avec la capacité non seulement d’enseigner, mais aussi de soutenir leurs collègues dans l’adaptation du cadre BIE à leur contexte national, assurant ainsi un impact durable et évolutif sur divers systèmes éducatifs.

Histoires d’impact : le réseau EEI en action

La transformation opérée est à la fois individuelle et systémique. De retour dans leurs pays, les participants apportent une vision globale et approfondie du changement dans le secteur de l’éduction, adoptant une approche qui redéfinit les savoirs, valorise le contexte et intègre les connaissances non académiques dans le processus d’apprentissage. Voici quelques récits illustrant l’impact profond de ce réseau de formateurs :

  • Équipe Éthiopie – Sensibilisation et Réseaux de Conscience
    En Éthiopie, des anciens élèves ont organisé des ateliers de sensibilisation ciblant le ministère de l’Éducation et le Service national des examens et de l’évaluation (NEAES). Grâce à une introduction complète à l’EEI, ils ont collaboré avec des acteurs clés, partageant des perspectives sur l’intégration des programmes et l’évaluation systémique. Leur initiative a inspiré des ateliers à l’échelle nationale, permettant aux enseignants de défendre l’EEI à différents niveaux en Éthiopie.
  • Thomas Kumah Osei – Ghana
    Représentant l’Association africaine des programmes scolaires (ACA), Thomas a participé au forum de l’Union africaine (UA) et de l’UNESCO, intitulée  « Transformer la connaissance pour l’avenir de l’Afrique ». Il y a partagé son expérience au sein du PRC de l’EEI, mettant en avant l’intégration des savoirs endogènes dans les pratiques éducatives contemporaines. Son intervention, intitulée « L’avenir de l’éducation endogène en Afrique », a souligné la nécessité d’un programme qui honore le patrimoine culturel africain tout en préparant les élèves pour un monde globalisé. Thomas s’engage désormais à former les acteurs du secteur de l’éducation au Ghana sur ce modèle intégré, favorisant ainsi une approche EEI qui respecte les savoirs locaux.
  • Loyce Alinafe Chisale – Malawi
    En tant que spécialiste des programmes à l’Institut de l’Éducation du Malawi, Loyce est sortie du programme de l’EEI avec une nouvelle capacité à participer à des forums de politiques de haut niveau. Lors de l’événement intitulé UA-UNESCO, elle a plaidé pour un système éducatif en accord avec les objectifs nationaux de développement. À son retour, elle prévoit d’organiser des sessions de formation pour aider les acteurs du secteur de l’éducation et les décideurs à intégrer les principes de l’EEI, favorisant ainsi un environnement éducatif plus inclusif et aligné sur les communautés locales.
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  • Yakba Wassou Nathan – Tchad
    Au Tchad, Yakba a lancé une formation en EEI destinée aux responsables du Centre de développement des programmes. Ses sessions ont mis en lumière les quatre piliers de l’EEI et leur application dans le système éducatif tchadien. Par son leadership, Yakba participe à un dialogue national visant à promouvoir un système éducatif à la fois informé et profondément enraciné dans la culture locale.
  • Mme Hilda Nyarkoa Bekoe et M. James Kodjie – Ghana
    Membres de l’Union des étudiants africains (AASU), Hilda et James ont introduit la démarche EEI dans les opérations du Secrétariat de l’AASU. Ils ont dirigé des sessions de formation exhaustives axées sur l’intégration du personnel à la plateforme GreSIS, un outil de transformation soutenu par le cadre EEI. En formant la prochaine génération de leaders africains aux outils de l’EEI, Hilda et James militent pour une éducation équilibrée et inclusive au sein des établissements d’enseignement supérieur en Afrique.
  • Équipe Eswatini – Impliquer les parents dans la démarche EEI
    En Eswatini, une équipe de participants au programme EEI a transmis ses connaissances au niveau local en organisant deux ateliers dédiés aux parents. En partageant les principes de l’EEI, ils ont aidé les parents à saisir l’importance d’une éducation inclusive et respectueuse des diversités culturelles. Cette initiative a favorisé la création d’une communauté de soutien autour des élèves, où les parents renforcent les valeurs de l’EEI à la maison, augmentant ainsi l’impact dans le système éducatif national.
  • Équipe Cambodge – Localisation des connaissances par la traduction
    Au Cambodge, trois ambassadeurs de l’EEI ont lancé le premier programme de renforcement des capacités axé sur l’EEI, traduisant les concepts clés en khmer, la langue officielle. Ils ont formé plus de 100 enseignants à travers des ateliers interactifs encourageant la compréhension et l’engagement envers les principes de l’EEI. En localisant le contenu, l’équipe a inspiré les enseignants à adopter des pratiques équilibrées et inclusives, adaptées aux réalités culturelles locales.

 Promouvoir une culture d’éducation équilibrée et inclusive

Les récits présentés mettent en lumière l’efficacité de l’approche de formation des formateurs, où chaque participant joue à la fois le rôle d’apprenant et d’acteur du domaine éducatif. Grâce au soutien continu de l’OCS, l’EEI est adaptée aux spécificités de chaque pays, offrant une assistance technique et un soutien politique pour renforcer son efficacité à long terme.

Comme l’a souligné un formateur: « enseigner permet également d’apprendre, et pour que l’éducation soit véritablement transformative, il est essentiel de répondre aux besoins des apprenants en comprenant profondément les principes de l’EEI pour les transmettre de manière simple et efficace. »

Bâtir un héritage de transformation

Le Programme de renforcement des capacités en EEI représente une avancée vers l’harmonisation du cadre conceptuel de l’éducation équilibrée et inclusive avec les systèmes éducatifs du Grand Sud, en tenant compte de leurs besoins spécifiques. Les participants, en retournant dans leurs communautés, ne se contentent pas de partager leurs connaissances, mais ils contribuent à promouvoir une culture de l’inclusivité qui perdurera pour les générations futures. Leur engagement pose les bases d’un changement durable qui, avec un soutien politique adéquat, peut laisser un héritage d’autonomisation pour les éducateurs, les étudiants et les sociétés, en offrant une éducation transformante pour tous.